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Perçue comme un piétinement par les civils comme par les militaires des deux bords, la Bataille de Normandie a été en réalité la cause et le début de l’effondrement du Reich à l’Ouest. Aussi ne faut-il pas voir uniquement le terrain gagné par les forces alliées en deux mois de combats, ni son éloignement géographique du Reich pour se rendre compte de l’importance de cette bataille. Ce sont deux armées allemandes et une bonne partie des divisions blindées d’élite qui disparaissent dans la bataille. Plus encore, c’est la clé de la libération de l’Europe de l’Ouest, car c’est à son issue que se produit la fulgurante avancée alliée en France. C’est donc le choc le plus rude entre l’Axe et les Alliés occidentaux. Les nombreux soldats alliés blessés et tués en Normandie sont bien plus qu’un symbolique sacrifice : ils ont été les tenants de la victoire contre le Reich, même s’ils ont subi les combats sans rien savoir de tout cela.

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News postée par Louis le 18/12/2009.
Overlord44, version 5.3.7
La mise à jour générale est reportée au mois de janvier tant elle est importante. Nous y travaillons activement.

Rénovation du site à venir

News postée par Louis le 01/10/2009.
Overlord44, version 5.3.6
Une rénovation complète du site aura lieu au mois de décembre prochain : articles, images, structure, design seront remaniés à cette occasion.

Bibliographie mise à jour

News postée par Louis le 30/09/2009.
Overlord44, version 5.3.5
La bibliographie et les sources des cartes ont été mises à jour, dans la page "Sources", menu "Documents".

Elles seront à nouveau mises à jour après la rénovation du site.

100 000 visiteurs

News postée par Louis le 25/09/2009.
Overlord44, version 5.3.4
Overlord44 a reçu plus de 100 000 visiteurs depuis sa création !
Merci à tous de vos visites !
N'hésitez pas à nous écrire et nous faire part de vos remarques dans le livre d'or ou en nous écrivant directement.

Réécriture des Témoignages

News postée par Louis le 24/09/2009.
Overlord44, version 5.3.3
Les témoignages ont tous fait l'objet d'une mise à jour : ils ont été entièrement réécrits pour corriger les nombreuses coquilles qui s'y étaient glissés.
La traduction d'un article du New York Times sur un témoignage a pris sa place parmi les "Petits Témoignages".
Bonne lecture.

Traduction d'un article

News postée par Louis le 23/09/2009.
Overlord44, version 5.2.1
La traduction d'un article paru dans le New-York Times est disponible dans "Les Témoignages", partie "Petits témoignages" ; il porte sur la première cérémonie juive en Allemagne depuis l'avènement d'Hitler, à Aachen. Le chanteur religieux de la cérémonie a été récemment identifié et retrouvé : il a débarqué avec la 1ère division d'infanterie américaine le 6 juin en Normandie et témoigne aujourd'hui

-- Suite de la consolidation --


Charnwood

Fin de l’Opération Epsom
Le 4 juillet, t ôt le matin, la 8e brigade de la 3e DI canadienne attaque Carpiquet avec ses trois régiments renforcés par des chars Sherman, des chars fléaux (démineurs) et des Churchill dits « crocodiles » (lance-flammes). Le croiseur Rodney et le monitor Roberts pilonnent préalablement le point d’attaque, relayés par l’artillerie de campagne. Puis les canadiens avancent derrière le violent tir d’artillerie mobile qui déloge les grenadiers SS de leurs positions enterrées, avant d’attaquer les bunkers de l’aéroport de Carpiquet avec l’appui des Churchill et les hangars avec celui des mitrailleuses et des 75mm des Sherman. Mais la dizaine de panzers enterrés empêche la progression des troupes de la 3e DI, tandis que l’artillerie allemande riposte par des tirs de fusées. Le soir du 4 juillet, le village de Carpiquet est pris par les Canadiens mais l’aéroport reste aux mains des Allemands.

C’est dans la nuit du 5 juillet que les soldats de la 12e panzer SS tente de surprendre dans une contre-attaque silencieuse le régiment canadien de « la chaudière ». Ce dernier repousse avec vigueur les grenadiers : aucun prisonnier n’est fait ce soir-là.

Le 6 juillet, la situation semble bloquée, les deux camps s’engageant dans un duel d’artillerie. A ce jour, l’intensité des bombardements ne laisse à Caen que 1800 habitants, réfugiés dans l’îlot sanitaire de St Etienne-le Bon Sauveur. C’est alors que l’artillerie anglaise forme un brouillard artificiel sur les lignes du 1er corps britannique pour dissimuler la préparation de la prochaine opération qui doit libérer Caen, baptisée Charnwood. Celle-ci est rendue possible par Epsom, qui a eu pour effet d’attirer les blindés allemands du secteur de Caen sur le front du VIIIe corps à l’Est de Caen (voir carte), laissant plus dégagé le front du 1er corps.

Charnwood
L’attaque est lancée par le 1er corps du général Crocker le 7 juillet sur Caen : le but de l’opération est de dégager la ville en repoussant les lignes allemandes de l’autre c ôté de l’Orne, de manière à élargir une tête de pont britannique qui reste bien étroite.
La préparation est d’abord aérienne : des chasseurs-bombardiers « Typhoons » commencent par détruire à coup de roquettes les pièces de « Flak » avant le passage des bombardiers lourds. A partir de 21h50 et pendant quarante minutes, les bombardiers de l’USAAF et de la RAF larguent leurs bombes sur une zone rectangulaire couvrant les quartiers nord de la ville. La Navy au large des c ôtes normandes prend ensuite la relève en concentrant ses tirs sur les mêmes objectifs , faisant usage de ses plus gros calibres (155 à 406 mm). Enfin, à 23h, les quelques 630 canons de l’artillerie de campagne de la IIe armée britannique dirigent leurs tirs sur Authie, Lébisey, St Germain, la Folie et St Contest, villages au nord de Caen qui résistent depuis le 6 juin.

Le 8 juillet au matin, à 4h20, la 59E DI britannique « Staffordshire » lance sa 197e brigade sur St Contest, mais, soumise à des tirs d’artillerie allemands, elle se replie à Villon-les-Buissons. La 176e brigade de la 59e DI prend parallèlement la Bijude, subit une contre-attaque de la réserve d’intervention de la 21e panzer et finit par se replier elle aussi. Ce n’est que vers 15h que la brigade reprend la Bijude, puis s’empare de St Contest une heure et demi plus tard au prix de lourdes pertes. Puis elle libère Epron et se dirige vers Bitot, plus au Sud. La 59e Staffordshire, inexpérimentée lors de ses premiers engagements en Normandie, surmonte enfin ses difficultés à démarrer l’attaque. La185e brigade de la 3e DI britannique attaque à partir de 4H30 les positions de la 21E panzer dans le bois de Lébisey, tenues depuis un mois par la 21e panzer. Les Allemands cédent à la poussée, mais la brigade est prise à partie vers 11h00 quelques kilomètres plus loin par des tirs de mitrailleuse MG et de « Nebelwerfer » (fusées).

Pendant ce temps, la 3e DI canadienne dirige sa 9e brigade sur Buron, positions où le 25e régiment de la 12e panzer SS est retranché depuis le lendemain du débarquement. Buron est pris dans la matinée : cela n’empêche pas de violents combats de s’engager le reste de la journée entre soldats canadiens et grenadiers, entre panzers et Sherman : l’unité d’assaut de la brigade perd la moitié de ses effectifs et 12 des chars engagés en soutien sont détruits. Un autre bataillon de la 9e brigade s’élance depuis Buron vers Authie, plus au Sud, qu’il libère à 9H00. Le village est rapidement pris mais l’artillerie allemande et les panzers venant de l’abbaye d’Ardenne obligent le bataillon canadien à consolider ses positions et à stopper leur avancée.
Conjointement aux deux précédentes attaques, un kilomètre plus à l’Ouest, intervient un troisième bataillon de la 9e brigade sur Gruchy à partir de 7H30. Il se heurte à des positions enterrées de grenadiers que fait tomber l’assaut à la mitrailleuse et à la grenade d’une section de Bren Carrier : Gruchy tombe à 9H00. A la fin de l’après-midi, le bataillon descend au niveau de Caen, à Franqueville. L’artillerie allemande qui y est retranchée est réduite au silence par l’intervention de « Typhoon », tandis que les Sherman chasse du secteur les chars Panther qui s’y trouvent.
La 7e brigade de la 3e DI canadienne, quant à elle, s’approche de l’abbaye d’Ardenne par le Nord, mais sans la prendre en raison de la résistance farouche qu’opposent les SS de la 12e panzer qui y sont retranchés.

Le repli allemand commence le soir du 8 juillet, derrière une faible couverture de grenadiers et de tireurs isolés. La 12e panzer SS et la 21e panzer passent ainsi l’Orne sur le pont des abattoirs, le seul resté intact de Caen. Dans la même soirée du 8 juillet, la 3e DI britannique pour tente d’entrer dans la ville par le Nord-Est et en dépit du repli allemand, la division est stoppée par des canons de 88mm retranchés dans les premiers faubourgs.
Le 9 juillet au matin, la 59e DI entre dans Caen par les quartiers nord du calvaire St Pierre, de St Julien et du jardin des plantes, tandis que la 8e brigade de la 3e DI canadienne pénètre dans Caen par l’Ouest à 11h30, après avoir pris l’aéroport de Carpiquet. Trois heures plus tard, deux compagnies de tête de la 59e DI atteignent l’Orne, sans pouvoir le franchir car les pionniers allemands ont fait sauter derrière eux le pont des abattoirs. Les tireurs isolés allemands empêchent les troupes anglo-canadiennes de rattraper les divisions allemandes en repli et les contraignent à un « nettoyage » systématique rue par rue. Cependant, Charnwood a réussi : la bataille pour Caen est enfin achevée ; reste à dégager entièrement la ville pour mener une percée efficace dans le front du Panzergruppe West.


Le 10 juillet, le IIe corps canadien ( Guy Simons ) relève le Ier corps britannique dans le secteur de Caen. Le VIIIe corps est placé en réserve. Ce remaniement est porteur de nouveaux objectifs pour la IIe armée britannique : attirer un maximum de forces allemandes dans la région de Caen en effectuant une importante poussée au Sud-Ouest, en direction de Falaise. La 43e DI canadienne tente donc de presser le repli allemand de Caen en lançant une attaque sur Baron, Eterville (voir carte d’Epsom). Sur la pente de la c ôte 112 qui domine les deux villages, des chars « Tigre » et des grenadiers enterrés repoussent depuis l’opération Epsom de nombreuses contre-attaques. La 43e DI poursuit les combats contre les 9e et 10e panzerdivisionen dans la journée du 11. Signe des lourdes pertes du XIIe corps britannique, le Panzergruppe West annonce au QG du groupe d’armée B le 12 juillet que les 9e et 10e panzerdivisionen SS revendiquent 140 chars alliés détruits depuis leur engagement dans le secteur.

A Caen, depuis Vaucelles, faubourg sud de Caen de l’autre c ôté de l’Orne, les Allemands s’infiltrent et mènent une guérilla soutenue par des tirs de mortier. De plus, la Luftwaffe mène des raids sporadiques de Messerschmitt 109 et de bombardiers légers sur Caen. C’est dans ce contexte que débute le 12 juillet l’évacuation des Caennais par les forces anglo-canadiennes : 80 camions font la navette pendant six jours entre Caen et Bayeux, évacuant d’abord les familles, puis les blessés de l’îlot sanitaire de St Etienne, trop menacé par les bombardements allemands.
Le même jour, la 59e DI (Ier corps britannique) voie son attaque à l’Est de l’Orne échouer contre des éléments de la 711e DI allemande, alors que la 21e panzer reprend le village de St Honorine à l’Est de Caen à la 51e DI britannique.
Le lendemain, la Luftwaffe allume plusieurs incendies à Caen en larguant une centaine de bombes incendiaires. Les trois jours suivants, l’artillerie allemande s’en prend délibérément aux civils de Caen en bombardant le quartier de St Etienne et le Bon Sauveur (l’évacuation n’est alors pas encore finie). Les cérémonies du 14 juillet devant St Etienne sont même troublées par les obus allemands.
Malgré une supériorité affirmée au cours des opérations Epsom et Charnwood, la IIe armée britannique est soumise à une forte pression allemande au moment où l’offensive sur Caen s’essouffle et la perspective d’une percée s’éloigne. Cela suppose alors une avancée supplémentaire du IIe corps canadien au sud et à l’est de Caen qui donnerait un recul suffisant pour lancer une opération de grande envergure, car l’Orne ne constituerait plus un obstacle et la ville pourrait avoir un r ôle de n’ud routier davantage à l’abri des tirs allemands par lequel transiteraient les forces nécessaires à l’offensive. De plus, tout le flanc ouest de l’opération serait couvert, facilitant par là une avancée britannique à l’est de Caen. Cela rend donc indispensable une opération accompagnant la tentative de percée. Néanmoins, la situation dans le secteur de Caen reste assez précaire pour la IIe armée britannique, ce qui donne son sens à l’opération Goodwood et son appui plus à l’Ouest, Atlantic.
Les alliés bénéficient alors d’un atout croissant pour appuyer leurs opérations: une aviation de plus en plus importante pouvant décoller du sol normand : 1500 chasseurs-bombardiers (opérant de jour seulement) répartis sur 25 aérodromes (dont 13 pour la IIe armée britannique).


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Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 15/06/2006.



L'Abbaye Dardenne
L’abbatiale en ruine de l’abbaye d’Ardenne le 9 juillet, ancien QG de la 12e division panzer SS.
Source : Coll. Particulière


Les soldats britanniques
Des soldats de la 3e DI britannique désemparés devant le désastre, tentent d’aider la population (boulevard des Alliés).
Source : Photos IWM


Durant l'opération Charnwood
Un Sherman de la 3ème DI britannique s’élance vers Caen à travers le bois de Lébisey, le 8 juillet.
Source : Photos IWM


Obusier anglais
A la Bijude, le 8 juillet, un obusier Priest de 105mm dépasse un véhicule du génie blindé de la 8ème brigade sur la route de Caen.
Source : Photos IWM


Patrouille canadienne
Un Sherman d’observation canadien entre dans Caen venant de Franqueville.
Source : Photo PAC


Le château de Caen
Vue du château sur le centre ville de Caen détruit. A gauche, la flèche de St Sauveur, à droite, celles de St Etienne.
Source : Photo IWM

Atlantic

L’opération Goodwood est menée en coordination avec une opération de moindre envergure visant à dégager le sud et l’est de Caen de l’emprise allemande: Atlantic. Ce sont les Canadiens qui la mènent exclusivement, dans la mesure où le flanc ouest de l’avancée est entièrement couvert par le IIe corps canadien depuis la prise de Caen.


La tâche n’est pas facile : en l’absence de ponts, les troupes canadiennes doivent franchir l’Orne et repousser des lignes allemandes bien pourvues en panzers le plus au Sud possible.

Le 18 juillet, la 4e brigade de la 2e DI canadienne ouvre l’offensive après minuit au sud-est de Caen en attaquant Louvigny. A Caen, la 7e brigade de la 3E DI parvient en fin d’après-midi après une réparation de fortune du pont de Vaucelles à franchir l’Orne. Les Allemands battent alors en retraite et ne laissent une fois encore que des tireurs embusqués dans le faubourg sud de la ville.

Simultanément, la 9e brigade canado-écossaise de la 3e DI traverse l’Orne au niveau de Bénouville pour venir relever la 8e brigade (de le même division), aux prises avec des éléments de la 16e Luftwaffen-Felddivision quelques kilomètre plus au sud, à Longueval, le long du fleuve. Les blindés de la 9e brigade brisent le front allemand, continuent leur progression avec l’infanterie avant de se heurter à de nouvelles défenses aux abords du château de Colombelles. La brigade demande alors le soutien de l’artillerie divisionnaire qui lui permet de pénétrer dans le complexe métallurgique de la SMN, près du canal allant de Caen à la mer ; ses soldats livrent des combats de rue et font de nombreux prisonniers. Pourtant, l’attaque est arrêtée en prévision des raids nocturnes de la Luftwaffe. Au prix de lourdes pertes, la 8e brigade progresse sur le flanc ouest de la 9e, prend Giberville et atteint les faubourgs de Mondeville vers minuit ; elle subit 100 pertes, cause 200 morts du côté allemand et fait prisonnier 300 soldats.

Le 19 juillet à 9h00, le « Royal regiment of Canada » de la 4e brigade prend enfin aux grenadiers de la 1ère pz SS le bourg de Louvigny. Les troupes canadiennes se déploient progressivement sur la rive Est de l’Orne, tandis que le génie installe un quatrième passage par-dessus le fleuve à Vaucelles. La 5e brigade de la 2e DI canadienne, partant du sud de Caen, prend Fleury-sur-Orne dans la journée et continue dans la journée ses combats en direction de St André, libérant plus à l’Est presque complètement Ifs. Moins avancées, les 7e et 9e brigades de la 3e DI venant respectivement de Vaucelles et de Mondeville s’emparent de Cormelles. Au soir du 19 juillet, le sud de Caen est partiellement dégagé et les positions allemandes ne s’appuient plus sur l’Orne. Ainsi, l’opération Goodwood qui a commencé à l’est de Caen le même jour qu’Atlantic peut compter sur un flanc ouest protégé. En outre, le secteur allant de Mondeville à Démouville d’où devait partir Goodwood est déjà enfoncé par l’attaque canadienne. La 16e Luftwaffen-Felddivision qui le tient ne constitue plus un obstacle suffisant pour stopper l’offensive.


Cet article a été affiché 37424 fois depuis le 12/09/2006
Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 23/06/2006.



Artillerie canadienne
Une pièce de 147mm du 7e regiment d’artillerie canadien entre en action au Sud de Vaucelles le 23 juillet
Source : Photo PAC

Opération Goodwood

Les conditions favorables au lancement de Goodwood sont donc réunies. Dès le 18 juillet à 5h35 précises, l’opération débute par un intense bombardement : 2200 bombardiers Lancaster, Halifax, B-17 et B-24 déploient un véritable tapis de bombes pendant trois heures sur la campagne au sud-est de Caen ’ Frénouville, Troarn, Mondeville et Cagny. Dans le ciel normand ce matin-là près de 4700 appareils de tout type font leur apparition. Suivant le même ordre de préparation que les précédentes opérations Epsom et Charnwood, la Royal Navy et l’artillerie de campagne pilonnent les objectifs plus précis des unités terrestres : à 7h45, les HMS Robert et Maurituis et même l’USS Enterprise apportent leur concours aux tirs des 760 pièces d’artillerie de campagne de la IIe armée britannique ; plus de 250 000 obus sont tirés !

Le général M.Dempsey, commandant de la IIe armée, décide d’introduire le VIIIe corps britannique -récemment mis en réserve- entre le Ier corps britannique et le IIe corps canadien comme fer de lance de l’offensive. Le corps, renforcé par des unités blindées, doit percer les positions du Ier corps panzer, échelonnant en profondeur une défense constituée de 40 000 hommes soutenue par 210 panzers et composée ainsi :

  • La 16e Luftwaffen-Felddivision représentant une faible force de combat dans le secteur de Mondeville et Démouville (voir carte) mais renforcée par la 12e pz SS « Hitlerjugend »;
  • La 21e pz près deTroarn et d’Emiéville, plus à l’Est ;
  • La 1ère pz SS « Leibstandarte Adolf Hitler » au sud de Caen.


L’offensive terrestre débute par l’attaque de la 11e DB qui coupe la route Caen-Troarn, faisant 1 000 prisonniers. Mais la progression est marquée par de lourdes pertes en chars en raison de la concentration de panzers: 60 Sherman sont déjà perdus lorsque la division atteint la ligne de chemin de fer Caen-Paris. C’est en fait l’une des plus grandes batailles de chars de l’invasion qui commence.

Pendant ce temps, la 51e DI écossaise (Ier corps britannique) progresse sur le flan est de la 11e DB après un mois et demi d’immobilité, alors que la 3e DI avance vers Troarn à sa gauche. La 11e DB effectue une percée de 7km vers le Sud , perçant les deux premiers rideaux de défense ; pour l’exploiter, la DB « Guards » se déploie sur son flanc gauche pour se diriger vers Cagny (voir carte). Néanmoins, l’infanterie peine à suivre les blindés et les Allemands parviennent à réoccuper faiblement certains villages. La virulente réaction des Panther de la 1ère pz SS « LAH » face aux deux divisions blindées britanniques oblige les chasseurs-bombardiers «Typhoon » à intervenir vers midi ; si la division d’élite allemande est ainsi durement stoppée, elle réussit à rétablir un front sur la ligne Troarn-La Hogue. De plus, les pertes sont sévères aussi du côté anglais : la 29e brigade de la 11e DB perd la moitié de ses blindés et se replie sur la ligne de chemin de fer Caen-Paris. Les deux DB britanniques perdent dans la journée du 18 juillet plus de 500 hommes et 186 blindés, mais font en tout 1 200 prisonniers.

Dans la soirée, les lignes sont renforcées de part et d’autre : la 22e brigade de la 7e DB (« Les rats du désert ») prend position entre les deux DB déjà engagées, alors que six nouveaux bataillons de la 1ère pz SS relèvent la 21e pz sur la crête de Bourguébus (voir carte).

Les 19 et 20 juillet, le VIIIe corps se lance dans une phase d’exploitation coûteuse, appuyé par le Ier corps à l’Est ; au cours de ces deux jours, ce dernier enregistre 1 200 pertes. Les trois DB du VIIIe corps sont lancées de nouveau vers les villages de Cagny, Emiéville et Bourguébus. Seul ce dernier village oppose une résistance à la 7e DB qui, l’encerclant au trois quarts, le fait tomber le 20 juillet au matin. L’avancée s’essouffle à la fin de la journée du 19: malgré 1 000 nouveaux prisonniers allemands, le corps compte 500 pertes et consolide ses positions. Les troupes de 11e DB sont même mitraillées en début de soirée par 18 Messerschmitt avant que les chasseurs alliés n’aient eu le temps de décoller. Le 20 juillet, une contre-attaque allemande au sud de Caen échoue sans beaucoup éprouver les lignes anglaises : cet échec porte les pertes en blindés à 100 du côté allemand depuis le début de l’offensive. Cependant, les blindés britanniques ne peuvent exploiter leurs succès car la pluie rend le terrain impraticable pour les chars. En dépit du travail du génie canadien pour réétablir des passages sur l’Orne et faire transiter des troupes fraîches, la 2e DI canadienne échoue devant Verrières, encore solidement défendue par les Allemands.

Les 21 et 22 juillet, le temps ne s’améliore pas et l’opération Goodwood s’embourbe complètement. Le port de Ouistreham est toujours à portée de tir des canons allemands et le front n’est pas percé. Montgomery forme alors la Ière armée canadienne qu’il place sous le commandement du général Crérar, dont la première mission est de repousser la ligne de front de façon à sécuriser l’approvisionnement allié sur la côte.

Le 25 juillet débute donc l’opération Spring qui doit emmener les 2e et 3e DI canadienne au-delà de Verrières et donne d’abord l’espoir de relancer Goodwood. Mais à son tour, l’attaque canadienne se heurte à la 1ère pz SS récemment renforcée et une artillerie installée sur la crête de Bourguébus : le IIe corps canadien subit 1 500 pertes en un seul jour.

Les combats des jours suivants ne font que confirmer l’arrêt de l’offensive : le renvoi de la DB « guards » et de la 11e DB à l’arrière (remplacée par la 4e DB) marque une pause dans les combats et la progression canadienne tient davantage d’une guerre de mouvement au ralenti que d’une percée. En effet, le 27 juillet, la 2e DI reprend St André et s’approche de Verrières, les « Typhoons » et l’artillerie de la 4e DB bombardant May-sur-Orne.

De même, le XIIe corps britannique à l’Est de Caen n’avance que très lentement : le 29 juillet, la 15e DI écossaise est relevée par la 59e DI et le 1er août, St Martin de Fontenay est pris, puis Esquay et Evrecy le 5 et la côte 112 est évacuée par les Allemands. C’est seulement alors que la 2e DI canadienne prend Verrières.

Non seulement la brèche espérée par Montgomery n’est toujours pas réalisée, mais l’opération Goodwood, si elle a affaibli et repoussé le front du Ier corps panzer plus au sud et à l’est de Caen, a mis 6 000 soldats et 400 chars de la IIe armée britannique hors de combat, sans compter les quelques 7 000 tonnes de bombes utilisées. Le gain de terrain n’est que de 11km. La disproportion entre la masse moyens engagés et le peu de résultats agace Eisenhower. A l’Etat-major du SHAEF, on se demande même s’il ne vaut pas mieux limoger Montgomery. Ce dernier justifie les difficultés à percer par une nouvelle stratégie : attirer le maximum de forces allemandes -surtout blindées- dans le secteur de Caen pour faciliter la grande percée que préparent à ce moment les Américains.


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Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 23/06/2006.



Phase de consolidation : opération Goodwood L'opération Goodwood
Photo des anglais, lors de l'opération Goodwood.


Régiment d'artillerie
Régiment d’artillerie suivant les traces des Guards près de Ranville.
Source : Photo IWM


Goodwood
Les hommes de la 7e DB britannique engagent le combat avec la 12e pz SS près de Frénouville le 19 juillet.
Source : Photo IWM


Rassemblement pour Goodwood
Zone de rassemblement de la 5e brigade de la division blindée de la garde, le 17 juillet, à la veille de Goodwood.
Source : Photo IWM


Après bombardement
Paysage lunaire près de Sannerville après le bombardement du 18 juillet (tapis de bombes) qui ouvre l’opération Goodwood.
Source : Photo IWM

Les combats dans le Sud du Cotentin

Une fois le Cotentin libéré fin juin, des lambeaux des 77e, 243e et 91e divisions qui ont pu s’infiltrer vers le sud du Cotentin se réorganisent, retrouvent les 275e et 353e DI, fraîchement arrivées de Bretagne, et la 2e SS panzer « Das Reich » remontée du Sud de la France. Le 84e corps et le 2e corps parachutiste stoppent l’attaque des 8e et 7e corps américains. Devant La-Haye-du-puit, moins de 10 km au nord de Lessay, les Allemands opposent une forte résistance : le 5 juillet, les Américains y perdent 1 500 hommes pour parcourir 200 mètres.

Devant l’échec de l’offensive de sa 1ère armée dans le Cotentin le 10 juillet, Bradley change de stratégie et opte pour une percée et non une progression régulière. On commence alors à préparer l’opération Cobra. A partir de la mi-juillet, les Allemands se replient lentement, laissant derrière eux La Haye-du-puit et Sainteny, au Sud de Carentan. Le 18 juillet, après des combats acharnés contre la 352e DI et la 3e division parachutiste, le 19e corps US de Corlett enlève St Lô en ruine. Le 24 juillet, la ligne de front américaine s’étend donc au Nord de la route Lessay-Périers-St Lô ; la progression est très lente ’ à peine 10 km presque en un mois- et les pertes de la 1ère armée américaines, très lourdes. Plus que jamais, le besoin de percer se fait sentir côté américain.

A partir du 20 juillet, le commandement allemand est agité par une crise interne : le complot visant à supprimer Hitler a échoué. Le Führer sort par miracle indemne de l’explosion qui souffle la baraque en bois dans laquelle il réunissait les plus grands responsables, dans son QG de Prusse Orientale, « la tanière du loup ». Le Führer purge donc jusqu’à fin juillet le haut commandement de la Wehrmacht : 5 000 personnes sont exécutés, parmi lesquelles Hans Speidel, chef d’Etat-Major de Rommel, directement impliqué dans le complot. Rommel, également soupçonné par Hitler, choisit le suicide au procès public. Il est remplacé par Von Kluge à la tête du groupe d’armées B. Ancien commandant de la 4e armée pendant la campagne de France et le début de la campagne de Russie, puis chef du groupe d’armées Centre, Von Kluge, grâce à sa docilité, jouit de la confiance d’Hitler.


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Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 08/09/2006.



Vue aérienne du Bocage
Voilà une vue a&rienne du Bocage Normand : c'est dans ces champs et ces haies que ce sont battues les forces américaines, dans l'actuel département de la Manche (50).
Source : Photo US army

La guerre du bocage

La guerre dans le bocage normand est très pénible, lente et coûteuse. Chaque haie, chaque champ, chaque talus offre aux défenseurs de redoutables fortifications naturelles. Une offensive est morcelée en une multitude de petits combats pour traverser un champ, un verger. Il faut une compagnie pour prendre un champ de taille moyenne, bien défendu. Les grandes routes sont rares et les nombreux chemins creux, accidentés et boueux. Si le terrain ne se prête pas aux importantes manœuvres blindées, c’est aussi à cause des haies qui gênent beaucoup les chars pour avancer, faire demi-tour, ou simplement faire tourner leur tourelle.
Dans ces conditions, il est très facile d’arrêter une attaque, même avec de faibles moyens, ce dont vont souffrir de plus en plus les Allemands. Pour réussir leurs attaques, les Américains doivent compter sur des unités expérimentées et une préparation d’artillerie importante. De petits avions d’observation repèrent même préalablement les objectifs juste avant les tirs, mais cette tactique demande de bonnes conditions météo. Autre arme efficacement utilisée dans le bocage : le chasseur-bombardier. Des appareils tels que le « Typhoon » ou le P-47 « Thunderbolt » font des ravages derrière les haies et talus où les Allemands trouvent abri, ce que permet une suprématie aérienne alliée croissante. Au début de la bataille de Normandie, les aviateurs se trompent parfois de cible et attaquent des troupes américaines. Pour éviter les confusions, les Américains peignent des étoiles blanches sur le dessus de leurs véhicules. En raison du temps incertain, l’aviation alliée ne fait des apparitions que par courtes périodes.

Le « problème » des haies donne lieu à des inventions originales chez les Américains. On fauche les haies à coup de canon de DCA inclinés, on perce fréquemment des passages pour les chars dans les talus à la TNT. Certains équipages soudent des débris métalliques tranchants à l’avant de leur char, se lancent contre les haies à pleine vitesse et les abattent en un coup. L’infanterie fait aussi souvent appel aux tankdozers pour soulever les petites butes de leur pelle. La guerre du bocage n’en reste pas moins faite de combats épuisants nerveusement, car propice aux embuscades et attaques surprises.


Les Allemands démontrent une certaine maîtrise de la guerre dans le bocage et dans l’art du camouflage. Leurs soldats, plus expérimentés que les Alliés - la différence est encore plus nette lorsque l’on compare les troupes opérationnelles - mettent à profit nombre d’erreurs américaines et démontrent une grande autonomie. Dès qu’une unité est dispersée, elle se regroupe avec d’autres unités et établit souvent des barrages autour d’un char ou d’un canon. Armes couramment utilisées, les « Panzerfaust » et les « Panzerschrek » sèment la terreur chez les Américains, précises et maniées avec audace. Ainsi les Allemands, en plus de l’avantage du terrain, résistent bien à des moyens souvent supérieurs.

Les pertes en hommes et en matériel côté américain comme allemand sont énormes. Les unités fondent comme neige au soleil, mais les pertes dans les rangs américains sont rapidement comblées à l’inverse des Allemands. A partir de la mi-juillet, cette disparité se fait plus cruellement sentir : la tête de pont américaine est à la limite de la saturation, alors que les lignes allemandes ne cessent de s’amenuiser, faute de renforts suffisants. Ainsi, côté américain, des unités entières sont régulièrement mises au repos et remplacées par des troupes fraîches, tandis que les unités allemandes sont systématiquement engagées.


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Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 08/09/2006.



La Haye du Puit
vue aérienne de la Haye du Puit


Les américains dans la guerre du bocage
Les GI's américains, lors de la guerre dans le bocage normand.
Source : Photo US army

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